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 Bienvenue sur "Web Song": Site de chroniques musicales pour progueux et autres grands mélomanes.

Le site est en construction permanente et il est à nouveau en activité (après une pause trop longue à mon goût). Néanmoins, on peut déjà voir les albums qui seront chroniqués même si les chroniques sont, encore, en construction! A ce jour, le site possède 48 chroniques complètes. Bonne visite!

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Van Der Graaf Generator: H To He, Who Am The Only One (Rock progressif)

   H To He, Who Am The Only One (Van Der Graaf Generator/1970)  




Dîtes, mes chers amis lecteurs de Web Song, vous aimez le grand rock progressif, le bon, le vrai ? Oui ? C'est parfait ! Vous avez du entendre parler de Van Der Graaf Generator... Il y a deux sortes de progueux sur cette terre: ceux qui ignorent la musique du générateur et ceux qui font partis de ses fidèles admirateurs. Pour les personnes appartenant à la seconde catégorie, Van Der Graaf Generator n'est pas un simple groupe de rock progressif que l'on apprécie... C'est une fierté. Parfaitement. Van Der Graaf Generator, enfant maudit de la pop britannique, est un groupe qu'on est heureux d'aimer car en marge de tout ce qui existait à l'époque dans le rock. Un spécimen unique et inclassable, un combo explosif hors du commun, une pierre précieuse de la nébuleuse progressive, un joyau d'autant plus mystérieux et fascinant qu'il est totalement méconnu aux oreilles de ce qu'il est bon ton d'appeler le grand public. Pour ses admirateurs, Van Der Graaf Generator n'est, ni plus, ni moins, que la huitième merveille du monde et, ceci, pour diverses raisons. Premièrement et comme je l'ai dis plus haut, Van Der Graaf Generator est un groupe, totalement, en marge de tout ce qui se faisait, en Angleterre, dans le rock progressif et même dans le rock tout court. Alors que la décennie 1970's se définit comme étant la décennie de la guitare, de la virtuosité électrique et de l'inspiration stratocastérisée, Van Der Graaf Generator exclut l'instrument sacré de son vocabulaire et préfère puiser sa force musicale à travers l'orgue de Hugh Banton et les parties ésotériques et enragés de saxophone et de flûte du talentueux David Jackson. Autre caractéristique qui démarque le générateur d'une grande partie de ses monolithiques confrères progueux: le rôle de la virtuosité dans sa musique. Alors que certains groupes doués (à l'instar de Yes) sont devenus ennuyeux à cause d'un trop grand nombre de démonstrations virtuoses inintéressantes, Van Der Graaf Generator, lui, ne cherche pas à étaler sa virtuosité mais préfère l'utiliser pour créer des ambiances et des atmosphères musicales obscures et mystérieuses qui renforcent le côté unique de cette musique. Enfin, dernier élément primordial à citer, alors que l'époque est aux utopies "Peace And Love", le générateur marque ses paroles par des observations judicieuses et poétiques sur les mystères et les contradictions de l'âme humaine. Une ligne d'ombre glaciale dans le monde du rock progressif marquée par un songwritting dont la richesse et l'élégance littéraire n'est plus à démontrer.


Le fameux physicien américain Robert J. Van Der Graaf ne pouvait, guère, se douter que le nom d'une de ses inventions (un générateur de sons qui pouvait accentuer les fréquences et les décibels de façon assez étonnante) allait être utilisé par ce fantastique groupe de merveilleux marginaux (quoiqu'au début Chris Judge-Smith, co-fondateur du groupe avec Peter Hammill, voulait le baptiser Zeiss Manifold and the Shrieking Plasma Exudation). C'est en 1969 que le groupe-qui n'était pas encore dans sa line-up définitive-enregistre son premier album (qui, au départ, devait être un album solo de Peter Hammill); The Aerosol Grey Machine. Malgré de nombreuses qualités mélodiques indiscutables, ce premier essai manquait, cruellement, de force (surtout en comparaison de tous les grands disques sortis cette année là) et, de ce fait, la carrière du générateur n'a pas démarré avec la même puissance que celle d'un King Crimson ou d'un Pink Floyd. D'ailleurs, pour beaucoup, l'œuvre du générateur ne commence, réellement, qu'en 1970 avec The Least We Can Do Is Wave To Each Other, album qui marqua l'arrivée de David Jackson, pilier sonore de la formation. Néanmoins, et à mon humble avis, c'est avec la parution (au mois de décembre de la même année) de leur troisième effort, H To He: Who Am The Only One, que les réacteurs du générateur démarrent à plein gaz.


The Least We Can Do Is Wave To Each Other
fut un album plus qu'honnête et qui contenait, déjà, quelques perles du répertoire du groupe (Darkness, Refugees, After The Flood) mais c'est, bel et bien, avec H To He: Who Am The Only One, que le générateur va mettre, véritablement, au point une grammaire musicale savante, efficace et originale qui ne va cesser, d'album en album, de se développer et de se bonifier. Un programme de qualité: saxophone endiablé et halluciné de David Jackson, rythmique nucléaire et percussions schizophrènes de Guy Evans, orgue monstrueux et ténébreux de Hugh Banton et, enfin, cerise sur le gâteau, la voix de Peter Hammill; leader charismatique et âme artistique de la formation. Une voix d'une profondeur indéfinissable et dont la perfection est, autant, éclatante dans les aigües que dans les graves. Robert Fripp dira de Hammill qu'il a fait pour la voix ce que Hendrix a fait pour la guitare électrique ou Coltrane pour le saxophone. Il n'y a, guère, de compliment plus élogieux. En bref, une voix qui ferait passer les Peter Gabriel, Jon Anderson et autres Ian Anderson pour de vulgaires chanteurs de variété. Quant aux chansons, ce n'est quasiment que du bon. Killer, terrifiante histoire de requins, ouvre l'album magistralement et expose, magnifiquement, les caractéristiques du son Van Der Graaf: ambiance sombre, distorsions sonores du au saxophone de Jackson, cassure au milieu du titre, changement de rythme, chant caverneux, etc... Pour le reste, je citerai, volontiers, le trop méconnu The Emperor In His War-Room (marqué par une intervention électrique, tout en délicatesse, de Robert Fripp) ou encore la délicate et touchante beauté du sublime House With No Door qui traite d'un des sujets préférés de Hammill: la solitude (thème que l'on trouve dans des titres comme Refugees ou A Plague Of Lighthouse Keepers). Enfin, la superbe fresque métaphysique de 12 minutes qu'est Pioneers Over C clôt en beauté ce disque.

H To He: Who Am The Only One n'est pas exempte de tout défaut: le son n'a pas très bien résisté à l'usure du temps (en comparaison à d'autres albums) et les longueurs de Lost (chanson sur le désespoir amoureux) constituent, probablement, le talon d'Achille de la galette. Certes, Van Der Graaf Generator n'a pas, encore, atteint sa maturité artistique et il ira bien plus loin sur son quatrième disque; Pawn Hearts (et je ne parle pas du reste...). Mais, néanmoins, H To He: Who Am The Only One reste un somptueux classique qui mérite d'être rangé en bonne place dans toute discothèque qui se respecte. Une oeuvre aux qualités suffisamment importantes pour remettre certains groupes "progs" à l'instar de Genesis à leur juste place: au placard!

NB: Il semblerait, selon les informations d'un sympathique membre de mon forum, que le générateur de Rober Van Der Graaf n'est, finalement, pas grand chose à voir avec les ondes sonores. Donc si vous voulez savoir à quoi il servait pour de vrai je vous conseille d'aller sur Wikipédia... Parce que moi le générateur de Robert Van Der Graaf, j'en ai rien à foutre !

Chronique écrite par Mathieu (Août 2009).
 
 



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