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 Bienvenue sur "Web Song": Site de chroniques musicales pour progueux et autres grands mélomanes.

Le site est en construction permanente et il est à nouveau en activité (après une pause trop longue à mon goût). Néanmoins, on peut déjà voir les albums qui seront chroniqués même si les chroniques sont, encore, en construction! A ce jour, le site possède 48 chroniques complètes. Bonne visite!

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Yes: Close To The Edge (Rock progressif)

   Close To The Edge (Yes/1972)  




Ces derniers temps snober le groupe Yes est devenu le passe temps préféré d'un bon nombre de rock-critics (qui parle de Nicolas Ungemuth ?). Yes, ancienne légende de l'épopée du rock progressif, n'est plus, aujourd'hui, qu'un vieux dinosaure prog jouant, de temps en temps, le souffre douleur dans la secte de Philippe Manoeuvre. Même certains progueux n'hésitent pas à cracher dessus pour plonger, la tête la première, dans la hype Gentle Giant (groupe très bon ceci dit). Sérieusement, en étant objectif et de bonne foi, il faut bien avouer que Yes, de The Yes Album (1971) à Relayer (1974), fut un bon groupe au potentiel loin d'être faible. Yes n'est pas un grand groupe (d'un point de vue influent), il n'a rien de novateur ou d'expérimental (à l'exception, peut-être, de Relayer), et il n'a jamais, vraiment, exploré des territoires musicaux dangereux et inconnus (le comble pour un groupe de rock qui se dit progressif). Yes faisait, avant tout, des chansons pop aux accents progressifs. Mais, attention, ses chansons, Yes les faisait avec tout ce que cela exige de professionnalisme, de talent d'écriture et de recherches mélodiques. Et oui, Yes est, peut-être, un des sommets du kitsch et du ringardisme dans le rock progressif, il n'empêche que ce fut un groupe rempli de musiciens incroyablement doués. Steve Howe est un guitariste brillant (un des meilleurs, à mes yeux, de la planète prog) ayant apporté des influences riches et diverses à la musique du groupe. Bill Bruford est un batteur époustouflant qui ne tardera pas à montrer ses capacités, proprement hallucinantes, chez King Crimson. Chris Squire, un bassiste au feeling implacable, et Rick Wakeman (qui a participé à certains albums de David Bowie), un claviériste, certes un peu pompeux, mais excellent. Il y a aussi le chanteur Jon Anderson dont la voix, si elle cède, par moment, aux stéréotypes du chanteur prog, arrive, tout de même, à faire passer des émotions sincères.

Close To The Edge fait, un peu, office de dernier volet d'une certaine trilogie entamée par The Yes Album en 1971, et poursuivie par Fragile l'année suivante. Dans les deux premiers volumes, le groupe avait mis au point une certaine grammaire musicale. Close To The Edge, lui, ne met au point plus rien, il perfectionne le style pop/prog concocté par le groupe. L'album est construit de la même façon que le Pawn Hearts de Van Der Graaf Generator (sortit un an plus tôt); une face est constituée de deux morceaux d'une dizaine de minutes environ, tandis que l'autre est remplie par une longue suite d'une vingtaine de minutes (chose à la mode chez les progueux depuis Atom Heart Mother de Pink Floyd et Lizard de King Crimson). La première face du disque est, justement, celle qui contient le long morceau éponyme; Close To The Edge. C'est du pur prog; un peu pompeux et daté mais qui contient un nombre suffisant de qualités pour effacer ces quelques défauts: efficacité, virtuosité, lyrisme, etc... Qui dit mieux ? Le titre débute par une sorte d'improvisation entre la guitare flamboyante de Steve Howe et les claviers de Rick Wakeman. Après la voix de Jon Anderson arrive pour nous délivrer un texte totalement stupide ("Close to the edge, down by a river... I get up, I get down!!!") mais incroyablement mémorable et efficace. La seconde partie (le titre est divisé en quatre tableaux à la manière des suites de musique classique); Total Mass Retain est une suite logique à la première. Quant à la troisième, I Get Up, I Get Down, elle s'avère plus douce et sereine en commençant tranquillement d'une manière agréable. Dommage que Rick Wakeman s'est senti obligé de rajouté quelques plages d'orgues, aux dimensions religieuses, assez agaçantes. La quatrième partie, Seasons Of Man, reprend la rythmique tonitruante des deux premières sections du titre. Le duo basse/batterie assure, la guitare de Steve Howe s'exprime divinement, de même pour les claviers de Wakeman. Le tout réhaussé par la prestation vocale de Jon Anderson ("Alors selon l'homme qui a présenté son bras tendu à l'espace. Il s'est retourné et a pointé son doigt, révélant toute la race humaine. J'ai secoué la tête et murmuré en souriant, je connaissais l'endroit."). Le titre se clôt sur le bruit de fontaine qui l'avait ouvert après un final lyrique magnifique. Dieu que c'est beau !


La seconde face est donc, quant à elle, constituée de deux morceaux. Le premier se nomme And You, And I, une ballade débutant par de jolis arpèges de guitare acoustique et où Steve Howe ne se manifeste que trop peu, par contre on entend souvent le mellotron de Rick Wakeman (trop cool !). Le titre est entraînant, joyeux et attachant, And You, And I est donc au final une belle ballade pop/retro sympathique et agréable sans être vraiment exceptionnelle. Le disque se clôt sur son sommet, Siberian Khatru, le manifeste rock du groupe (avec Heart Of The Sunrise sur l'album "Fragile"). Un morceau énergique de huit minutes où les capacités du groupe sont bien soulignées. La guitare de Steve Howe est excellente; agressive, sauvage et inventive, Howe fascine par son jeu flamboyant et développe une personnalité très intéressante. Bruford à la batterie soutient une rythmique implacable et vivante, la voix de Jon Anderson est très convaincante et lyrique même dans les passages les plus rock. Quant aux claviers du bon vieux Rick Wakeman, ils savent être discrets mais puissants. Un morceau de bonne facture qui clôture un album plutôt convaincant dans son ensemble.

Close To The Edge est l'album vitrine de Yes, son disque phare, son oeuvre culte, le plus cité par les apôtres du rock progressif. Close To The Edge est le portrait de Yes, toutes ses caractèristiques y sont peintes, faisant de ce disque l'album idéal pour aborder la musique de ce groupe. Néanmoins, Close To The Edge est, aussi, l'arbre qui cache la forêt (les The Yes Album, Fragile ou Relayer) et mon côté grincheux fait en sorte que je lui préfère d'autres disques du groupe. Mais bon, malgré tout, c'est un bon disque et dans le genre "rock/prog: 100% pur porc" c'est quand même un must.

Chronique écrite par Mathieu (Juin 2008).  

 



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