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 Bienvenue sur "Web Song": Site de chroniques musicales pour progueux et autres grands mélomanes.

Le site est en construction permanente et il est à nouveau en activité (après une pause trop longue à mon goût). Néanmoins, on peut déjà voir les albums qui seront chroniqués même si les chroniques sont, encore, en construction! A ce jour, le site possède 48 chroniques complètes. Bonne visite!

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Who (The): Who's Next (Rock)

  Who's Next (The Who/1971)  


Attention, mesdames et messieurs, pleins feux sur un classique: "Who's Next". Disque maudit à sa sortie, diamant noir ignoré et méprisé par son géniteur (j'ai nommé monsieur Pete Townshend) et, aujourd'hui, un des albums les plus renommés de la culture pop à l'instar de "Dark Side Of The Moon" de Pink Floyd ou du quatrième album de Led Zeppelin. Sauf qu'à la grande différence des deux oeuvres citées, "Who's Next" s'offre, en plus d'être considéré comme un passage obligatoire de la musique rock, le luxe de mériter sa réputation. Parfaitement! Si le chef-d'oeuvre est un concept souvent galvaudé, à tort et à travers, quant on parle des grands classiques du rock britannique, ce terme prend ici tout son sens. Aucune fioriture, aucun remplissage, aucun temps mort, aucune faute de goût; "Who's Next" n'est pas un produit pop de supermarché pour mélomanes attardés et snobinards, c'est un disque sauvage, féroce et bestial. C'est du rock, du vrai, celui qui transpire et qui sent sous les bras. Pas de déodorant, pas d'eau de toilette, lavé de toute ineptie à la mode, "Who's Next" propose une musique brute de décoffrage (sans être bourrin pour autant). Une musique qui a des tripes, des nerfs (et des couilles!) et qui crache chacune de ses notes aux oreilles de l'auditeur.

La recette du combo est explosive: la guitare malsaine et vicieuse de Pete Townshend, la basse moite et suintante de John Entwistle, les percussions à la fois hargneuses et éclatantes de Keith Moon et la voix de crooner enragé de Roger Daltrey. Enragé et schizophrène aussi! Son chant alterne lyrisme touché des dieux avec des hurlements d'aliénés absolument mémorables. Neuf chansons. Tout ce qui reste de ce qui aurait du être le projet le plus ambitieux de la carrière de Pete Townshend et, probablement, de l'histoire de la pop britannique: "Lifehouse". Opéra-rock jumeau de "Tommy", parabole censé répondre aux interrogations de toute une génération et, surtout, projet qui n'aboutira jamais et dont on n'arrivera qu'a sauver ces neuf chansons mémorables et uniques. Echappant aux torts de certains de ses confrères britanniques (morceaux fleuves, démonstrations techniques stériles et masturbatoires, concept pompeux, etc...), les Who proposent, pour la première et (malheureusement) pour la dernière fois, une musique épurée de toute superficialité.


Comme je le disais plus haut, aucune faute, tous les morceaux sont excellents. Ces chansons quel fan de rock ne les a pas chanté? Elles sont entrées dans la mémoire collective de tous les fans des années 1970: "Baba O'Riley", "Behind Blue Eyes", "Won't Get Fooled Again", etc... Boucles de synthétiseur hypnotiques, guitares rythmiques épileptiques, chant de prima donna gavée d'hormones mâles, rythmique supersonique enrobée de sonorités arabisantes; "Baba O'Riley" constitue une introduction idéale pour cet album et annonce la couleur de l'ensemble. La violence rock côtoie la délicatesse élégante des claviers qui donnent une fluidité progressive au disque. Quant au reste ce n'est que du grand art rock: écoutez ces touches cristallines de piano sur "The Song Is Over", cette rythmique éclatante de perfection sur "Bargain" ou encore cette voix d'angelot d'outre-tombe sur l'incontournable "Behind Blue Eyes". Le meilleur reste pour la fin: les neuf minutes chaotiques de "Won't Get Fooled Again" Véritable manifestation pop britannique, cocktail enivrant entre hard rock progressif et proto-punk avant-gardiste. Un classique qui cumule toutes les élégances.

Que vous soyez hippie, progueux, punk, seventiezophile, fan des Who ou pas, on réserve tous une petite place dans notre discothèque à cette mémorable galette qui fut souvent, à un moment donné, notre disque de chevet à tous. "Who's Next" représente bien plus, pour ses adorateurs, qu'un simple rock cogneur. "Who's Next c'est une ambiance, une couleur, une odeur. Un souvenir agréable que l'on aime se rappeler de temps à autre. Vive la transpiration!


Chronique écrite par Mathieu (Décembre 2009).



Les Who interprétant "Won't Get Fooled Again" au festival Live Aid en 1985.

 



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