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Le site est en construction permanente et il est à nouveau en activité (après une pause trop longue à mon goût). Néanmoins, on peut déjà voir les albums qui seront chroniqués même si les chroniques sont, encore, en construction! A ce jour, le site possède 48 chroniques complètes. Bonne visite!
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A Wizard, A True Star (Todd Rundgren/1973) 

Une des figures les plus méconnues du rock. Todd Rundgren fut un architecte pop brillant et, également, le producteur de certains poids lourds du rock (New York Dolls, Hall And Oates, Grand Funk, Meatloaf). A Wizard, A True Star restera, probablement, l'album le plus abouti du maître. Une sorte de carrefour musical où tous les véhicules rock se croisent: pop sixties (The Beatles, The Beach Boys), glam rock (David Bowie, Roxy Music), rock progressif (Pink Floyd, Yes), soul music (Tamla Motown) et même le hard rock. Tous ces courants entrent en collision, ici, pour donner naissance à une musique belle, émouvante, dangereuse et originale. A Wizard, A True Star est un manifeste flamboyant et authentique de son époque. Tout ce qui fait le charme des années 1970, tout ce qui nous rend ces années si nostalgiques, toutes ces petites choses sont là. La pochette préambule, déjà, merveilleusement le contenu; un bordel surréaliste (influences de Salvador Dali, Magritte) où différents éléments se mélangent les uns aux autres à l'image de la musique. Une musique pop, un peu oubliée dans les mouvements heavy et prog, qui renaît de ses cendres. Ajoutez à cette pop classieuse, le goût de l'imprévu, du surréalisme et de la magie. La petite touche de folie excentrique toujours au bon moment et au bon endroit. A Wizard, A True Star est une caverne d'Ali Baba: 18 trésors pop et un long meddley; véritable chef-d'oeuvre de soul music.
Première face; A Wizard.... Face du magicien. International Feel démarre les festivités sur un tobogan de claviers dans lequel pénétre une rythmique infernale et la voix de Todd Rundgren; glamour, drôle, sauvage et féline, toute droit sortie d'un dessin animé de Walt Disney. Quant on parle de dessin animé, le titre suivant, Never Never Land, est une reprise de la chanson des enfants perdus de Peter Pan! Suit un enchaînement (de Tic Tic Tic It Wears Off à Flamingo) de titres proches de certains délires sonores de Frank Zappa. Le sommet de la première face est atteint avec le délicieux Just Another Anionhead. Une petite merveille de pop progressive qui n'a, absolument, rien a envié aux meilleurs moments des Beach Boys. Fin de face, reprise de International Feel, qui avait ouvert la face, le ton est donné pour ce qui concerne la suite.

Seconde face; ... A True Star. Face de la star du rock, la meilleure. Sept morceaux étincellants de génie qui s'érigent, certainement, comme les meilleurs moments du disque. Notre magicien s'est métamorphosé en rock star solitaire, dépressive et angoissée au bord du gouffre mais qui, au fil des titres, connaîtra une remontée miraculeuse. Sometimes I Don't Know What To Feel est une pièce sublime de pop glamour; piano lyrique, accompagnement efficace, refrain mémorable, la totale. Does Anybody Love You ? est un court intermède de qualité dans lequel Todd essaye de comprendre les causes de sa solitude. L'intermède s'enchaîne sur le sommet du disque; le meddley cité plus haut. Saxophone élégant, piano émouvant, rythmique souple et énergique, vocaux pop de qualité, richesses sonores et mélodiques, improvisations loufoques, que demandez de mieux à cette perle conciliant, à la perfection, la pop la plus délirante avec la soul la plus sensuelle ? Après ces dix minutes fabuleuses, Todd se réveille de bonne humeur et manifeste, en lui, une soif débordante pour les folies de l'amour (Hungry For Love) avant de s'offrir une petite étude sur la monogamie (I Don't Want To Tie You Down). On ne pourra pas s'empêcher de faire vibrer nos cordes vocales et de claquer nos doigts sur le majestueux final qu'est Just One Victory. La rock star s'est retrouvée et elle fait exploser sa voix au rythme du piano, de la guitare basse et de la batterie, emportant l'auditeur dans l'univers proprement magique de ce disque.
35 ans d'âge et la magie sonore opère toujours. Le temps n'a pas d'emprise sur ce disque. A Wizard, A True Star est le symbole de la fraîcheur de cet art juvénile qu'est le rock. Une source de fraîcheur éternelle, une photographie indestructible d'une jeunesse immortelle. Quant aux paroles, très romantiques il faut le dire, elle ne sombre jamais dans la mièvrerie ou dans la sensiblerie dégoulinante. Elles sont romantiques, certes, mais elles sont arrosées d'un humour dévastateur, superbement "So British" ! 56 minutes (le maximum jamais enregistré sur un 33 tours) divines où l'émerveillement est présent à chaque écoute. Quelques notes d'enfance, de rire, d'amour et de joie de vivre dans un monde où la médiocrité et la bêtise occupent des territoires de plus en plus importants. Un vrai miracle pop.
Chronique écrite par Mathieu (Mai 2008).
