Bienvenue sur "Web Song": Site de chroniques musicales pour progueux et autres grands mélomanes.
Le site est en construction permanente et il est à nouveau en activité (après une pause trop longue à mon goût). Néanmoins, on peut déjà voir les albums qui seront chroniqués même si les chroniques sont, encore, en construction! A ce jour, le site possède 48 chroniques complètes. Bonne visite!
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Supertramp (Supertramp/1970) 

Tout le monde n’a pas la chance de faire des débuts fracassants. "The Piper At The Gate Of Dawn" et "Led Zeppelin I" feraient presque figure d’exceptions. Supertramp en sait quelque chose. Comme Genesis, leur premier opus est passé totalement inaperçu. La genèse de Supertramp a certes beaucoup moins de charmes que celles d’autres groupes. Rick Davis, pianiste doué, passionné de rock et camarade d’un millionnaire hollandais obtient de celui-ci les fonds suffisants pour monter un groupe et enregistrer un disque. Ainsi, en juillet 1970, Davis et ses acolytes, le guitariste-bassiste Roger Hodgson, le batteur Bob Millar et le guitariste Richard Palmer-James (par la suite parolier de King Crimson sur les albums "Lark’s Tongues in Aspic", "Starless And Bible Black" et "Red") entrent en studio et accouchent de ce premier opus, acclamé certes par l’ensemble de la critique rock, mais gouffre financier notoire. Que contient ce premier album ? A bien y regarder, il est impossible de faire un quelconque rapprochement entre ce "Supertramp" et "Crime Of The Century", dont les sonorités deviendront la marque de fabrique du groupe. Supertramp ne nie aucune de ses influences dans cet album. Et la première de toutes ces influences est sans conteste Pink Floyd. "Surely Pt. II" en est la preuve la plus certaine, tant elle se rapproche des parties instrumentales de "Alan’s Psychedelic Breakfast". L’album contient dix pistes, et parmi celles-ci pas moins de quatre pépites.
"Maybe I’m A Begar", fantastique slow prog imprégnée d’inspiration irlandaise. La voix de Davis, sorte de Jon Anderson réservé, sert au mieux cette chanson planante dont Camel s’inspirera grandement pour son hit "Never Let Go". A recommander à tous les fans du Floyd. "Words Unspoken", tout en retenue à la base, crescendo s’étalant sur l’ensemble du titre pour déboucher sur un rock du meilleur cru… A noter le fantastique travail de Roger Hodgson à la basse. "It’s A Long Road", se rapprochant de "Love Like A Man" de Ten Years After, aux notes d’introduction cultes… Enfin, le chef d’œuvre, l’un des meilleurs titres de l’ensemble de la carrière du groupe, "Try Again", suite de 12 minutes formidablement réussie, bénéficiant d’un excellent travail de composition, et d’une instrumentation minutieuse. C’est de loin la chanson la plus planante du groupe.
"Aubade" est également à signaler. Sa naïveté est touchante. Naturellement, il y a des contrepoints. Ainsi de "Shadow Song", sirupeuse bien qu'évolutive, "Surely Pt. I", trop courte et pauvre pour lui trouver un soupçon d’intérêt, et surtout "Nothing To Show", rock répétitif extrêmement agaçant. Néanmoins, cet album vaut un réel détour. Il fera la joie des fans de Camel et de "Meddle". Pour anecdote, Supertramp fera une tournée très discrète suite à cet album, et leur concert à Paris est resté célèbre vu que le nombre de spectateurs y fut de… cinq ! Le groupe, plus amusé que dépité, donna donc son concert devant cette foule, et l’invita par la suite à prendre un verre au bistrot du coin.
Chronique écrite par Baptiste (Août 2008).