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 Bienvenue sur "Web Song": Site de chroniques musicales pour progueux et autres grands mélomanes.

Le site est en construction permanente et il est à nouveau en activité (après une pause trop longue à mon goût). Néanmoins, on peut déjà voir les albums qui seront chroniqués même si les chroniques sont, encore, en construction! A ce jour, le site possède 48 chroniques complètes. Bonne visite!

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Queen: Innuendo (Pop rock)

   Innuendo (Queen/1991)  




Vingt ans de carrière. Vingt ans de règne devrais-je dire plutôt ! Car durant toute sa carrière, c'est bel et bien un royaume pop rock que la reine s'est construit autour d'elle. Au final, un succès mondial qui le place parmi les groupes les plus populaires au monde avec les Beatles ou encore les Rolling Stones, une carrière riche en extravagances en tout genre (notamment dans les nombreuses cérémonies orgiaques données par Freddie Mercury: combats de nains dans de la boue, mannequins nues faisant des courses de vélo, strip-teaseuses, etc...), et une oeuvre inégale dans laquelle on trouve de véritables joyaux pop (A Night At The Opera, Queen II, A Day At The Races), mais aussi quelques atrocités assez indigestes (Hot Space ou encore l'ignoble A Kind Of Magic). Le règne de la reine s'achève ici, en cette année 1991, avec la parution, le 4 février, de l'album Innuendo (le titre est un clin d'oeil aux journalistes et à leurs insinuations sur la fameuse maladie de Freddie Mercury).

En 1989, après trois ans d'absence sur la scène rock, Queen revient avec un nouvel opus: "The Miracle" (album assez inégal mais, tout de même, supérieur aux deux horreurs citées plus haut). Freddie Mercury est apparu, durant ce retour, comme très fatigué, très ammaigri et, naturellement, très malade. Même si il avouera sa séropositivité, seulement, quelques temps avant son décès, tout le monde, en Angleterre, se rend compte que Freddie Mercury est sur le point de mourir et cet Innuendo a tout de l'oeuvre testamentaire. Queen n'évolue plus sur ce disque (on s'en serait douté), il a, depuis longtemps, utilisé toutes les capacités de son art. Mais si il y a bien un disque qui célèbre la musique queenienne; c'est bel et bien Innuendo. Innuendo est, probablement, le meilleur disque de la reine depuis, au moins, Jazz en 19 (soit treize ans !). Le groupe revient ici a une musique au potentiel fort ainsi qu'aux structures mélodiques riches et emphatiques. Néanmoins, les chansons ne sont pas, pour autant, bloquées dans un trip 1970's-même si le disque est marqué, très fortement, par une ambiance nostalgique et mélancolique (cf: These Are The Days Of Our Lives)-, elles sont, toutes, imprégnées, par les sonorités synthétiques propres de la fin des années 1980, mais ces sonorités sont utilisées, ici, de façon plus sobre et moins maladroite que sur les albums précédénts, renforçant, ainsi, l'authenticité et la force des morceaux. Après plusieurs écoutes attentives, je dois, néanmoins, confesser un triste constat: Innuendo est un bon disque, certes, mais il est bien trop inégal pour être, véritablement, une merveille pop rock au même titre que A Night At The Opera. Sur douze titres, seulement cinq sont excellents. Le reste oscille entre des chansons "correctes" et d'autres franchement médiocres. Commençons par les cinq pièces maîtresses du disque, celles qui font qu'il vaut la peine d'être écouté. Dans le cercle des pépites, il y a d'abord, l'excellent morceau éponyme qui ouvre l'album.

Innuendo est une fantastique pièce baroque typiquement queenienne au même titre que The Prophet's Song, Bohemian Rhapsody, voire même (soyons fous !) The March Of The Black Queen. Le titre dure près de sept minutes (il sortira en 45 tours et deviendra le numéro un le plus long de l'histoire de la musique depuis... Bohemian Rhapsody de Queen !) et dévoile lentement sa magnificence à la manière d'un célèbre classique de Led Zeppelin (Kashmir). Puis le morceau explose dans tous les sens: solo de guitare heavy de Brian May, choeurs foudroyants à la Bohemian Rhapsody, solo de guitare hispanique (du à Steve Hove, grand guitariste de rock progressif qui connu ses moments de gloire au sein du groupe Yes). I'm Going Slightly Mad est un fantastique et hallucinant morceau de pop signé Freddie Mercury. Dans une ambiance malsaine et angoissante du à une mélodie, particulièrement, originale (la richesse des mélodies; une des grandes qualités de Queen), Mercury déclame un texte à l'humour délicieusement "So british !" ("Je deviens légèrement fou !"). La chanson sera accompagnée par un vidéo-clip fortement réussi. These Are The Days Of Our Lives est la plus belle ballade jamais interprétée par le groupe. Un morceau d'une douce nostalgie à la fois poétique et mélancolique. Enfin les deux derniers morceaux de l'oeuvre sont, également, ces deux derniers moments forts. Bijou est un morceau quasi-instrumental où la guitare spectrale et étincelante de Brian May fait des merveilles. Et en final, il y a The Show Must Go On, une des chansons les plus connues du groupe avec We Will Rock You ou Another One Bites The Dust. Puissant, ténébreux, profond et prophétique, The Show Must Go On n'est pas qu'un simple tube pop, c'est un hymne à l'instar de We Are The Champions. Un hymne comme la reine n'a cessé d'en composer durant toute sa carrière, rien de plus logique que ce soit par un hymne qu'elle la referme. La boucle est bouclée.

Le reste de l'album contient quelques morceaux de rock heavy et nerveux divertissants (à l'instar de Headlong par exemple), quant au reste il est, tristement, passable. Néanmoins, pour les cinq perles dont je viens de parler, ce disque mérite qu'on y jette une oreille voire même les deux. Quant à la suite de l'histoire de Queen on la connaît tous un peu. Le groupe continuera à travailler en studio sur plusieurs titres jusqu'au mois de mai (qui seront publiés en 1995 sur l'album posthume Made In Heaven qui sera un énorme succès grâce aux deux tubes Heaven For Everyone et le funky et rigolo You Don't Fool Me). Enfin, le 24 novembre 1991 Freddie Mercury s'éteint à l'âge de 45 ans des suites d'une pneumonie du au virus du sida, dont il était atteint depuis environ cinq ans, rejoignant, ainsi, le club très chic des légendes du rock foudroyées en pleine gloire: John Lennon, Jimi Hendrix, Jim Morrison, etc... Depuis les trois survivants de la cour (Roger Taylor, Brian May, John Deacon) ne cessent d'entretenir et de conserver, méticuleusement, la mythologie et la légende de la reine.

Chronique écrite par Mathieu (Août 2008).  

 



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