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 Bienvenue sur "Web Song": Site de chroniques musicales pour progueux et autres grands mélomanes.

Le site est en construction permanente et il est à nouveau en activité (après une pause trop longue à mon goût). Néanmoins, on peut déjà voir les albums qui seront chroniqués même si les chroniques sont, encore, en construction! A ce jour, le site possède 48 chroniques complètes. Bonne visite!

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Queen: A Kind Of Magic (Pop rock)

  A Kind Of Magic (Queen/1986)  




A l'instar de beaucoup de personnages politiques, la reine de la pop britannique aura eu une carrière marquée par des moments de bravoure ainsi que par des gamelles qui font tâche dans son histoire. Indéniablement, si la nuit à l'opéra et la journée aux courses font parties des grandes dates de la reine, cette espèce de magie appartient plus aux casseroles de cette dernière. Avec plus de 300 millions de disques vendus en ce début de troisième millénaire (ce qui fait de ce groupe un des dix plus gros vendeurs de disques de l'histoire), la musique de Queen-de We Will Rock You à The Show Must Go On-est entrée, depuis longtemps, dans le domaine public. Plus qu'un groupe, Queen est un gargantuesque buffet pop rock allant du médiocre sandwich au succulent plat de résistance, une galerie marchande qui séduit les mélomanes tout comme elle séduit les gens qui ne s'intéressent pas, en particulier, à la musique. Un passage obligé pour tous les amateurs de rock... mais aussi pour les critiques qui en disent du bien comme ils en disent du mal... c'est bel et bien le gros problème de Queen. Si tout est bon dans le cochon tout ne l'est pas dans la reine (mes excuses, ma brave petite dame) et si cette dernière m'a donnée des nuits blanches somptueuses, je tiens à préciser que, cette fois-ci, je ne saurai pas tendre avec elle. Disons les choses clairement, à ce stade de l'épopée Queenienne, la reine ne me fait plus bander depuis longtemps (chose pour laquelle je suis, pourtant, si peu avare...).


Cet album représente tout ce qu'on peut faire de plus horrible dans la musique pop. La recette parfaite pour avoir la nausée (et pour justifier l'étiquette "Queen" et empocher la monnaie). Je vous cite les ingrédients: chœurs (qui n'ont plus la puissance et la folie d'antan) lourds et indigestes, solos de guitare démonstratifs et stériles (ce que Brian May ne faisait pas à une époque...), tubes de pacotille (cf: le bancal One Vision) pour ratisser large, très large, énième version de We Are The Champions (cf: le grotesque Friends Will Be Friends), ballades inconsistantes, etc... Une musique racoleuse, pensée et conçue, au détail près pour séduire les radios FM et pour entretenir la gloire de sa majesté, comme en témoigne le succès de nombreuses chansons du disque: One Vision, Who Wants To Live Forever, Princes Of The Universe et, surtout, A Kind Of Magic (numéro 3 en Angleterre et numéro 1 dans 35 pays). Chacun peut trouver des qualités à cette oeuvre, j'avoue n'en trouver aucune si ce n'est qu'elle a pu donner envie aux oreilles curieuses de se pencher sur la période 1973-78 du groupe. Soyons francs, je ne reproche pas à Queen de faire une musique commerciale et de vouloir séduire un public large étant donné que Queen a, toujours, voulu séduire un public large comme le soulignent les nombreux succès de sa grande période (Killer Queen, Bohemian Rhapsody, Somebody To Love, We Will Rock You, etc...). Le but a, toujours, été le même mais, au fil des années, la façon de s'y prendre a changée. De 1973 à 1978, Queen a su produire une pop glamour facile d'accès, certes, mais loin d'être paresseuse bien au contraire. Une pop de tradition beatlesienne mais qui a su s'émanciper de la tradition (sans pour autant l'abandonner) en agrandissant son vocabulaire musicale par le biais des différents styles en vogue à son époque (rock progressif, glam rock, hard rock, etc...). L'ensemble saupoudré d'une virtuosité délicate (la guitare virevoltante de May, la rythmique atomique de Taylor, le lyrisme de Deacon et, bien sûr, la voix de Mercury), d'un amour raffiné pour les sons purs et d'un humour, délicieusement, british !


Puis les années 1980 sont arrivées et Queen a commencé à revoir sa grammaire musicale. La formation a délaissée son amour pour le son de qualité (A Kind Of Magic souffre d'une production "high-tech", absolument, laborieuse), a rangée sa virtuosité au placard (les structures mélodiques savantes sont devenues simples... puis simplistes), le groupe a commencé à refuser de vivre avec son temps (pas de trace de new wave dans les albums de Queen de cette époque... juste un rock carré, bancal et maladroit) et, enfin, le groupe perdu son sens de la dérision et de la parodie. J'ai, toujours, eu beaucoup d'affection pour les débuts de Queen. Il fait parti de ces groupes auxquels je suis attaché pour des raisons, à la fois, artistiques et sentimentales. Mais à partir du moment où Queen a commencé à épurer tout ce qui faisait les composants majeurs de sa musique et à concevoir des albums, uniquement, pour les radios je me suis désintéressé de lui car j'ai cru bon, sans être prétentieux, de ne plus me sentir concerné. Néanmoins, il y a quelques morceaux à sauver dans la période 1980's (Crazy Little Thing Called Love, Back Chat, Cool Cat, I Want It All) et je retiendrai de ce disque le titre éponyme qui souligne, une fois de plus, le don de la formation pour composer des tubes universels de qualité (ce qui n'est pas une mince affaire) même si ce dernier n'a pas la puissance lyrique d'un We Are The Champions ou d'un Don't Stop Me Now. Enfin, j'apprécie, modérément, la sobre pop symphonique de Who Wants To Live Forever.

A ce stade de sa carrière, Queen a troqué, depuis quelques années déjà, son statut de formation musicale contre celui de grosse industrie FM, il a retiré son maquillage de cabaret qui a fait tout son charme et n'est devenu, rien de plus, qu'une grosse lessive pop dont le but est de faire sonner les caisses enregistreuses du monde entier. Un rock de supermarché surgelé et sans saveur emballé dans un joli papier cadeau (quoique même la pochette est laide...). Durant l'été de cette année 1986, Queen montera pour la dernière fois (avec Freddie Mercury) sur scène et remplira les plus grands stades d'Europe. Après cette tournée, qui restera une des plus importantes de la décennie, Queen se séparera pendant trois ans. Quant ils reviendront, en 1989, ce sera avec l'album The Miracle qui est, à peu près, aussi mauvais que celui-ci. La majorité des fans parleront de "renaissance", les ronchons dans mon genre trouveront le terme d'"exhumation" plus approprié et passeront leur chemin... La reine mourra deux ans plus tard... Vive la reine !

NB: Je pense que vous le savez, déjà, mais je le précise pour ceux qui ne le savent pas. La moitié de ce disque représente la bande son d'un gros navet de Russell Mulcahy nommé Highlander, avec plein d'imbéciles heureux (dont notre Christophe Lambert national) qui essayent de se couper, mutuellement, la tête ! Qu'est ce qu'ils sont cons ces immortels !

Chronique écrite par Mathieu (Août 2009). 
 



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