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Le site est en construction permanente et il est à nouveau en activité (après une pause trop longue à mon goût). Néanmoins, on peut déjà voir les albums qui seront chroniqués même si les chroniques sont, encore, en construction! A ce jour, le site possède 48 chroniques complètes. Bonne visite!
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Atom Heart Mother (Pink Floyd/1970) 

L’album à la vache restera comme un des plus anecdotiques, mais aussi un des plus importants, de toute la carrière de Pink Floyd. Premier album du groupe à n’être plus hanté par le fantôme de Syd Barrett, il tire donc, définitivement, un trait sur la grande période 1965-1969. Pourtant si Atom Heart Mother est l’album qui signe la fin de la première période du Floyd, il n’est pas pour autant l’album qui entame la seconde période du groupe. Un album de transition donc. Après la bande son du film de Barbet Schroeder, More, et les expérimentations solos de Ummagumma, les membres du Floyd s’unissent, à nouveau, comme groupe à part entière jouissant d’une complémentarité miraculeuse qui fera merveille jusqu’en 1977. Atom Heart Mother est un tournant dans l’histoire du rock progressif. En effet, c’est dans ce disque que se trouve la première longue suite rock/prog de vingt minutes (avec Lizard de King Crimson), un nouveau format pop qui préambule le pire comme le meilleur.
La première face du disque est, donc, totalement recouverte par le long morceau éponyme: Atom Heart Mother. Le morceau s’avère original et relativement intéressant, mais il se montre, dans son ensemble, comme terriblement maladroit et laborieux. Il débute par une série de bruitages divers qui débouchent sur un thème principal de qualité qui s’enchaîne sur des parties de claviers, de violon et de guitare. Après ce passage ça se gâte, nous avons le droit a des chœurs à la Ligeti qui n’arrivent pas, vraiment, à passionner l’auditeur. Vers la dixième minute, David Gilmour arrive à notre rescousse et vient redonner un peu de force et de chaleur au morceau avec quelques belles notes de guitares misent en relief par les claviers de Rick Wright. Ce passage s’enchaîne, à nouveau, sur des chœurs. Cette fois-ci bien plus intéressants et plus courts. Puis on reprend le thème de départ de façon assez pompeuse et lourde mais, pourtant, cela reste assez efficace. En bref, dix ou quinze minutes auraient largement suffit pour ce morceau qui n’a ni la sobriété, ni l’élégance du Lizard de King Crimson sortit la même année. Mention spéciale, toutefois, pour Rick Wright, trop souvent oublié et à qui l’on doit les meilleurs moments du titre.

La seconde face s’avère de meilleure qualité. Trois chansons et un instrumental. If écrit et composé par Roger Waters est une belle ballade nonchalante, mélancolique et sereine dont le beau texte de Waters se rapproche de la poésie de Léonard Cohen. Magnifiquement sobre, et moi j’aime beaucoup la sobriété. Summer 68 est une excellente composition de Rick Wright, un morceau énergique et savoureux dans la pure tradition pop beatlesienne (mélodie au piano, cuivres, etc…). La composition de David Gilmour, Fat Old Sun, se montre, par contre, assez paresseuse et est plus propice aux ronflements qu’à l’excitation. Heureusement, Gilmour nous livre un beau solo de guitare à la fin sauvant, ainsi, un peu ce titre qui aura, malgré tout, une belle carrière scénique. L’instrumental qui clôt le disque, Alan’s Psychedelic Breakfast est, à mon goût, le meilleur moment de l’album. Une petite pièce qui retrace l’histoire d’un homme qui prend son petit déjeuner et qui mélange piano lyrique, guitare acoustique et bruitages d’un homme qui prend son petit déjeuner (et qui mange comme un porc d’ailleurs). Anecdotique et agréable, que demandez de plus?
Pour conclure, si Atom Heart Mother est un album essentiel dans la carrière de Pink Floyd et dans la musique contemporaine (il influença une génération de musiciens dont des grands noms de la chanson française tels Léo Ferré ou Serge Gainsbourg), il n’est qu’à moitié convaincant dans son ensemble. En effet, Atom Heart Mother est un album plutôt maladroit qui n’a ni l'onirisme de A Saucerful Of Secrets, ni la finesse de Meddle. On l’écoute plus par curiosité que par plaisir (même si je ne doute pas qu’il y ait des gens qui ont beaucoup de plaisir en écoutant ce disque). A acheter pour l’intérêt historique. Suis-je sévère ? Peut-être mais, après tout, qui aime bien châtie bien.
Chronique écrite par Mathieu (Mai 2008).