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 Bienvenue sur "Web Song": Site de chroniques musicales pour progueux et autres grands mélomanes.

Le site est en construction permanente et il est à nouveau en activité (après une pause trop longue à mon goût). Néanmoins, on peut déjà voir les albums qui seront chroniqués même si les chroniques sont, encore, en construction! A ce jour, le site possède 48 chroniques complètes. Bonne visite!

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Genesis: Selling England By The Pound (Rock progressif)

   Selling England By The Pound (Genesis/1973)  




Dans la famille des classiques surfaits de l'histoire du rock progressif, je demande un des meilleurs atouts: Selling England By The Pound. Le cultissime, le légendaire, le fameux Selling England By The Pound. Ce cinquième album de la Genèse reste, encore aujourd'hui, son oeuvre phare, son disque vitrine. La référence absolue en ce qui concerne Genesis et un des disques de chevet préférés des petits progueux (de 17 à 77 ans) au même titre que In The Court Of The Crimson King de King Crimson, Close To The Edge de Yes ou encore The Dark Side Of The Moon de Pink Floyd. C'est également, et vous l'aurez compris, un des disques les plus surestimés de la nébuleuse progressive. Selling England By The Pound fait parti de ces disques phares des années 1970, au même titre que The Dark Side Of The Moon, qui ont popularisé le rock progressif auprès du grand public mais qui ne lui ont, certainement pas, donné ses lettres de noblesse. Car, c'est bel et bien, avec cet album que Genesis va entamer le chapitre le plus connu de son histoire: son ère commerciale qui va faire de lui un des plus gros vendeurs de disques de l'histoire de la pop britannique. Le groupe a même, ici, le luxe de s'offrir un premier tube avec l'insipide et navrant I Know What I Like (inspiré par le tableau de Betty Swanwick, The Dream, qui illustre la pochette du disque) qui atteindra la 19ème place des charts anglais.


Mais en quoi Selling England By The Pound représente, à mes yeux, une oeuvre surestimée ? Selling England By The Pound n'est pas une oeuvre expérimentale et audacieuse explorant les profondeurs infinies d'un univers sonore fascinant (donc, absolument, pas progressif par définition), ni même un disque aux richesses mélodiques évidentes comme la Genèse savait en faire à ses débuts. Que nenni ! Selling England By The Pound est un mauvais disque de pop aux velléités progressives. Une pop progressive qui imite et non qui défriche. Un rock progressif de carte postal tout comme The Dark Side Of The Moon est un rock planant de supermarché et Tales From Topographic Oceans, de Yes, une expérimentation rock de marchands de journaux. Genesis sort, ici, toutes les bonnes vieilles ficelles pour justifier l'étiquette "Genesis" et, par la même occasion, le tampon "rock-prog: 100% pur porc" qui va avec ! Selling England By The Pound est un plat bien lourd dans lequel furent mélangés les caractéristiques du rock progressif britannique: ambiances médiévales et champêtres rappelant Trespass (mais en moins convaincant), ainsi que les premiers albums de King Crimson, morceaux fleuves auxquels on a rajouté de nombreuses rallonges bien inutiles (The Battle Of Epping Forest), instrumental insignifiant et dénué d'intérêt (After The Ordeal). Enfin, Peter Gabriel continue a faire preuve d'une certaine théâtralité dans ses prestations vocales (à la manière de Peter Hammill). Malheureusement cette théâtralité se révèle comme étant assez superficielle et enlève une grande part d'authenticité et de sincérité au chant de Peter Gabriel, même si elle est moins présente que sur Foxtrot.

Néanmoins, étant de bonne foi, je reconnais à ce Selling England By The Pound quelques qualités honnêtes. Déjà, en comparaison à Foxtrot, on s'aperçoit d'un réel raffinement au niveau de la production sonore, ce qui n'est pas pour me déplaire. Enfin Selling England By The Pound contient, tout de même, deux pièces majeures dans le répertoire de Genesis: Dancing With The Moonlit Knight et Firth Of Fifth. La première ouvre, majestueusement, l'album avec ses progressions mélodiques implacables, ses colorations rock réjouissantes et sa rythmique explosive. Le manifeste rock de la formation de Chaterhouse avec The Knife. Enfin, Firth Of Fifth s'impose, indéniablement, comme un des meilleurs morceaux de Genesis avec The Musical Box et The Lamia. C'est une symphonie pop classique où les claviers de Tony Banks font des merveilles de lyrisme et où Steve Hackett offre une de ses meilleures prestations à la guitare électrique rappelant, de ce fait, qu'il est un guitariste incroyablement doué, un des meilleurs de sa génération au même titre qu'un Steve Howe. Cerise sur le gâteau: Peter Gabriel est, très, peu présent sur ce morceau (dieu soit loué) et ses rares interventions font preuve d'une sobriété exemplaire. Quant au reste de la galette..... J'apprécie certains passages des parties de claviers de Tony Banks sur The Cinema Show même si ce dernier est, souvent, à deux doigts, de sombrer dans des démonstrations techniques évasives et ennuyeuses. The Battle Of Epping Forest sonne comme une mauvaise caricature de la vague progressive britannique. More Fool Me est une horrible friandise pop qui en préambule d'autres avec, déjà, Phil Collins au chant (beurk !). Enfin Aisle Of Plenty clôt l'album de manière pompeuse avec le thème d'introduction. Totalement quelconque !

Je ne l'ai jamais caché, je n'ai jamais été un grand amateur de la musique de Genesis. Cette dernière ayant plus tendance à m'ennuyer qu'à me fasciner. Néanmoins, j'ai su, avec le temps, reconnaître certaines qualités à ce groupe notamment à ses débuts. Si l'on analyse l'œuvre de Genesis de manière chronologique, Selling England By The Pound est une grosse déception. La formation a échangé, sur ce disque, son savoir-faire de mélodiste contre quelques tristes vieilles formules et la suite de son parcours ne sera, guère, plus enthousiasmant (à l'exception de la parenthèse The Lamb Lies Down On Broadway). En bref, si vous voulez du rock progressif de qualité, il existe des disques bien plus intéressants que celui-ci, à mon humble avis.

Chronique écrite par Mathieu (Août 2009).

 



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