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 Bienvenue sur "Web Song": Site de chroniques musicales pour progueux et autres grands mélomanes.

Le site est en construction permanente et il est à nouveau en activité (après une pause trop longue à mon goût). Néanmoins, on peut déjà voir les albums qui seront chroniqués même si les chroniques sont, encore, en construction! A ce jour, le site possède 48 chroniques complètes. Bonne visite!

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Atom Heart Mother

   Pink Floyd  
Atom Heart Mother


 
La fusion entre musique pop et musique classique fut une des modes les plus acclamées et populaires du début des années 1970. Il est tout de même amusant de voir à quel point en l'espace de quelques années la situation s'est inversée et un des meilleurs exemples pour le prouver reste ce fameux disque de Pink Floyd.

Présenté à sa sortie comme une oeuvre novatrice ouvrant la porte à de nouvelles voies stylistiques au sein de la musique rock, Atom Heart Mother est, aujourd'hui, un des albums les plus négligés de la discographie du Floyd. Se situant chronologiquement au moment où la formation décidé de rompre avec ses racines psychédéliques pour se diriger, petit à petit, vers le rock progressif, Atom Heart Mother est l'incarnation parfaite de tous les défauts d'une oeuvre de transition. Elle ne possède ni la fraîcheur de ses devanciers, ni la forme aboutie de ses successeurs. De plus, il s'agit probablement du disque qui a le moins bien résisté à l'usure du temps.

La suite-titre de 23 minutes malgré de beaux moments – notamment les joutes entre la guitare slide de David Gilmour et l'orgue Hammond de Rick Wright – présente quasiment tous les défauts de ce genre d'entreprise : choeurs pompeux, passages avant-gardistes lourds et prétentieux et, surtout, incapacité à véritablement faire fusionner la pop du Floyd avec de la musique orchestrale. Car Atom Heart Mother reste avant tout un morceau de rock bien qu'il soit renforcé musicalement par l'usage d'un orchestre. Tous ces défauts donnent au titre une esthétique sonore bien désuète aujourd'hui même si l'on peut se réjouir du choix de privilégier les cuivres plutôt que les instruments à cordes. Ceci nous évite au moins les sempiternelles niaiseries à la Moody Blues très en vogue à l'époque.

La face B, quant à elle, s'avère déjà plus convaincante. If est une agréable ballade acoustique dans la lignée de celle de Leonard Cohen et qui nous dévoile, petit à petit, le talent de songwriting de Roger Waters. Fat Old Sun, signé Gilmour, est également un bon morceau même si les interprétations scéniques lui seront supérieures. Néanmoins, le point fort de cette face reste Summer 68 de Rick Wright qui confirme ici ses qualités de mélodiste au sein du Floyd. Cette magnifique chanson pop semblant tout droit sortie de la plus pure tradition beatlesienne est un véritable régal avec son piano endiablé et ses cuivres emphatiques. Enfin, le disque s'achève sur un instrumental sympathique bien qu'anodin. Une oeuvre mi-figue mi-raisin. A écouter pour l'intérêt historique plutôt.

Chronique écrite par Mathieu (septembre 2013).

 
 



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